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vendredi 18 décembre 2020

le vin du soir

 

Entre le vin du soir et les étoiles pâles

le serpent alangui entre mes bras sinue

il laisse sur ma peau ce désir infini

d’une rivière pâle où la vie glisserait


nous serions à nouveau innocents et nus

débarqués des hauts fonds d’un espace perdu

dans cette eau affolante où les poissons muets

frôleraient nos deux corps de leur douce pitié


nous aurions de notre âme un divin souvenir

comme une fleur fanée au parfum de violette

accrochée à nos cœurs comme à la boutonnière


des vestons d’hommes gris aux sourires si doux.

Nous ne serions humains que par la transparence

et le feu affolant qui brûla l’espérance.



16-12-2020

© anne jullien


lundi 4 mai 2015

Les chevaux


Pris de désir les chevaux épris de désir
marteaux sur la terre
ils galopent entends !

même ensemble
de froid et de regrets
je tremble

puis vint le soir
le soir de pleine lune
de lune et de ténèbres
et les navires sombrent
ils sombrent dans le noir
des plus beaux jours
les jours de désamour

vivre est mystérieux
les cœurs vont et viennent
et le sang dans les veines
les choses sous nos yeux
voguent et bougent à peine
là-haut sur le clocher
on voudrait ne pas trébucher
et le sang dans les veines
sonne sonne les cloches

Pris de désir les chevaux épris de désir
marteaux sur la terre
galopent ils s'envolent, entends !

nous irons voir le fleuve
le fleuve qui s'emporte
les péniches qui transportent
les cargaisons inutiles, et les écluses
sur le fleuve allemand
nous irons voir le fleuve
le fleuve qui chavire
les vivaces et les passagers
les eaux et les bateaux
le grand fleuve allemand
il s'éloigne il s'éloigne


Pris de désir les chevaux épris de désir
marteaux sur la terre
ils galopent  ! viens !


mars-avril 2015