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dimanche 11 juin 2023

je me souviens de tout

il faut lâcher les chevaux

écrire en pagaille

les cheveux pleins de paille

et t’aimer ô comme un fou

avant que l’on s’en aille

toi ou moi c’est de peu d’importance

celui qui reste se videra de son âme


à pleines mains je te prends dans mes yeux

je me souviens de tout

parfois il nous suffisait de rêver

le rêve faisait la vie

mieux que la vie oui mieux que la vie

 

 2 juin 2023 

© anne jullien 

@ Paul C. et Françoise P.

mercredi 9 décembre 2020

la lune et ses soeurs

la lune et ses sœurs

vidèrent les ruisseaux et toute les mers

les pâles jumelles


elles effacèrent le sable et les côtes

même les trous dans lesquels

dorment les bêtes l’hiver


la lune et ses sœurs

pâles hosties de la nuit et des éphémérides

sous leurs voiles de pudeur


vidèrent nos corps

de leur vie, notre joie

s’effilocha entre les nuages

et dans les rigoles


décembre descendit sur nous

malgré les feux de bois

les abris les odeurs d’arbres en fumées


alors je voulus me couler en toi

pour n’avoir été

de toute ma vie

que ton intime passagère


6/12/2020

© anne jullien


 

jeudi 26 juillet 2018

la tristesse du mois de juillet


ôter cela qui couvre
les peaux et les voiles
jusqu’à l’os qui est l’âme
afin que la nuit de l’âme
et la nuit du corps
disent quelque chose comme une clarté
une triste et délivrante vérité

que
vivre est un voyage inutile et solitaire

la tristesse du mois de juillet
c’est la désolation du feu la
descente de l’âme
au fond des glaces au cœur
de la mine du sel et dans l’intimité
du gel

accroupie face à la mer
les pieds dans la cendre
j’attends sombre
alors délivrée de moi-même
du fourbi et des mantilles

et même si
il n’y a guère de vérité
il n’y a là plus de mensonges

car
vivre est un voyage inutile et solitaire

rien de décisif jamais n’a pris forme
chaque chute recommencée promet une révélation
bâtarde
à chaque aube identique

encombrée de ce dont nous sommes vêtus
mon regard fixe très loin des espaces informels sans reliefs ni paysages
parmi vous sans être avec vous je suis
un paysage moribond
ce qui fait l’humain sur moi n’a pas prise
hors les malentendus et les agacements de demi-jour

photosensible étrangère passagère
dérisoirement avide
de vivre

alors que
vivre est un voyage inutile et solitaire


peu d’entre nous ont le regard et le cœur pénétrant
derrière les paroles je cherche les silences et la source
mais nos vêtements sont lourds et chauds pour la saison
je vis de chagrins de peurs de peaux de danses intissées
je vis par coutume et de naissance
et jamais en moi ne s’est tue cette alarme, ce refus, ce gémissement bestial
inconsolé

car
vivre est un voyage inutile et solitaire

ma vérité
loge dans la mélancolie, le triste sourire

ce qu’Il appelle l’Amour
ce serait la Pitié pour nous pauvres pêcheurs
errants sans preuves ni raison
à l’éperdue recherche de ce qui ne se peut
sous mes doigts s’effrite cet Amour ailes poussiéreuses et cendrées
d’un papillon captif

mais c’est le seul amour que je sache
l’incompris égoïste inopérant
ce regard de miséricorde posé sur nous

même si
vivre est un voyage inutile et solitaire




26 juillet 2018

jeudi 8 juin 2017

à l'envers

à l'envers de ta peau
en toi me glisse

que je recouvre toute entière
à l'intérieur je bouge à ta manière
ainsi tes yeux ainsi tes gestes

en toi je danse à ta façon
par tes yeux vois ce que tu vois
je suis ton cœur qui bat
suis le flux de ton sang
ton cœur qui bat flux de ton sang

à l'intérieur louve et velours
je sais tes courbes et tes ellipses
tes Grands Rêves et tes éclipses
je suis ta doublure de satin

collée à toi en toi collée je mesure l'exact
et ta surprise quand un chant te soulève
en toi je danse à ta façon
à l’intérieur je bouge à ta manière

à tes blessures rétive je te guéris
à l’intime de ma salive à l'intime
en toi je danse à ta façon
par tes yeux vois ce que tu vois

par tes gestes allant
à ton âme je touche
et grandis en toi
toi qui m'abrite
et m'abreuve
au revers de toi je suis
ton cœur qui bat flux de ton sang

la doublure du tigre
collée à toi en toi collée

à l’intérieur je bouge à ta manière

à l'envers de ta peau

en toi me glisse


mars-juin 2017
à F.

jeudi 9 mars 2017

Poème abandonné, retrouvé, choisi


des vagues et de la voix d'un homme ostinato
je t'aime de mes champs intérieurs et malades
à travers toi rendus à la lumière et aux oiseaux
guérie des mémoires et le sol se soulève car par toi je découvre
l'amour est possible et la parole ne ment pas
ta vie ton visage et tes pieds dans le sable des plages
ton sourire à l'intelligence de vivre


à Laura