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vendredi 17 décembre 2021

la voix

 

la voix qui parle

insiste et sort de son terrier

use ma bouche et l’encrier –

laisse à nu l’insuffisance

l’alouette et l’épervier

s’affolent ô mon cœur dévoilé !





©anne jullien

24/07/2021

mercredi 29 novembre 2017

Il dit 10


il dit
en cet instant
nous renaissons des cendres
pour un instant
flamboyants et crus
nous renaissons


et je renonce à la foi et au doute
je renonce aux moissons aux lauriers des gestes à la gloire

je reviens aux jours ordinaires
je dois domestiquer la vache

vivre toutes les heures d’hiver
ouvrir mon cœur apache

je dois
couper les cordons
laisser la rage se noyer dans les flaques

je dois
revenir aux cendres
aux mornes et doux sommeils de décembre

je dois
oublier lui-même ne pas le croire


accroupie au bord d’une mare
je trace des signes dans les cendres du feu
avec un bout de bois laissé par la mer
je suis une aborigène occidentale
je dessine l’extinction de mes semblables
de nos rages de nos cages pariétales
j’attends les pluies du feu du sable et je chante en bord de mort


je dois
oublier lui-même ne pas le croire




28- 29 novembre

Il dit 09

Il dit

la rage
est un piège
la morsure à l’envers
la rage la cage
enragée tu chutes parmi les enragés
la conscience est-elle perdue ?
Et pourtant la colère sainte colère
feu sacré flambeau christ flamboyant
nous guerroyons lui moi qui est qui
de quoi avons-nous la rage ? Que voulons-nous mordre ? Où sommes-nous perdus ?

Il dit
le désert le désir du désert
je me souviens la lumière l’éclosion du crâne
saint-jérôme et ses colères
le tombeau de saint-jérôme je cherche je vois un lion je vois un homme qui apprend résiste cherche tempête
s’enrage
s’enrage

je voudrais lui dire emmène-moi au désert oui cette route je la prends oui ce chemin

et retombe la vision se voile
la migraine bat sous la paupière sous la conscience
la vie à ras de terre
la vie le chemin commencent par les pieds

que sommes-nous lui et moi
enfants en bataille
consciences lumineuses
ou bien ?

Il dit
les armes la tentation des armes la tentation au désert
le glaive l’impuissance des prières sous mes yeux
il chute quelle corde lui tendre
lui tendre


Il dit le plomb la lumière du plomb
le rocher de Sisyphe qui s’use avant que l’homme s’use le rocher qui devient pierre et gravillon poussière
avant que l’homme s’use
rien ne serait perdu ?


Je voudrais lui rendre grâce lui rendre la parole douce et consolatrice et forte et que ma voix à mon tour soit un baume


20 novembre

vendredi 17 mars 2017

il dit 5

Il dit

que chaque chose ici-bas
porte en elle un appel
ainsi la feuille
elle vibre toute oreille et tension vers le lointain
au-delà de ce que nos yeux voient,
l'appel rejoint cela qui attend d'être appelé
et en cherchant le chemin le trouve
et la Lumière fut
et la Vie
et l’Ombre se sépare d’elle-même
et le yin et le yang


Il dit

les molécules et les photons, le Graal et la cible
emploie des majuscules là où je trébuche
alors je danse
au son des légendes et des espaces impassibles
et vibrants
et à nouveau
je trébuche

sans ses histoires et la voix qui m'embarque
la voix de l'homme bleu terrestre
la voie terrestre découpée dans la toile bleue nuit
et je balance
dans les silences






9-17 mars 2017

mercredi 8 février 2017

il dit 4

Il dit

des chimères

je porte un soleil
chacun porte un soleil
il dit il faut y croire et moi je vois les peuples dans les mines
peuple de photophores pieds en terre et milliards de soleils clignotant
et l'Histoire en nous qui chemine
les ciels béants les morts et les vivants
qui marchent et meurent n'en finissent jamais
soleils pâles dans leurs mains, auréolés de cendres



il dit

des chimères

je te promets il faut croire aux promesses
j'en oublie les minotaures et les ogresses
le pouvoir de transmuer l'homme sombre en providence
avec arc et flèches tel guillaume percer la pomme et la conscience
il dit ce pouvoir entre tes mains dans le soleil
je te le promets
il dit tu marches sur les cendres poussières de merveilles
il m'aventure



il dit

des chimères

la vie en dur la vie de l'os
la vie des blessantes et des fourchues
sa voix l'escamote il joue sur mes rêves
appelle au désert antoine et ses désirs vaincus
appelle à la trêve
il me hante m'en-
veloppe foulard de charmes et d'espace
entre en douceur infra la carapace
il dit et je succombe



il dit

des chimères

sa voix me vide de mon sang et de ma vie
et m'aventure

sur un chemin de gaze et rivière fluide je le suis
le joueur de flûte de Hamelin jusqu'où ira-t-il jusqu'où
ma perte
vers des déserts d’Égypte ou des sphères
éloignées d'années-lumière ?
Il vise en moi ce qui est voilé ce qui veut l'éperdu
l'aveugle aux malheurs à l'ennui à la nausée
il vise à la musique du vent et des vagues de fond
aux enfants danseurs
et qui à le suivre vont mourir
il vise en moi la lettre V

il vise

des chimères



3-8 février 2017

mercredi 7 décembre 2016

novembre 2016



La mer est dans le ciel ! la mer est dans le ciel !

et les étangs ! les plages de sable !

le lac Baïkal ! est dans le ciel


********


des faisceaux de lumière obliques et pacifiques

illuminent en fusant nos îles atlantiques


********


mais sans la douleur

pourrions-nous danser sans la douleur

avons-nous nécessité de la douleur

pour danser

cette musique qui vient de la douleur

oh quel bonheur

oh quel amalgame et quelle paradoxale

vie

saurions-nous danser sans la douleur saurions-nous

alors créons-nous notre douleur

pour aimer danser danser aimer

créons-nous notre douleur

pour la vie l'amalgame

notre perte

oh quelle amère beauté

quelle amère !



********



que se passe-t-il quand une voix passe

et moi sous la voix enveloppée sous linceul beau légèreté de fantôme

aérien velouté une espèce de mort en déroute

désir contre toute attente laisser la voix se permettre de

rendre sa liberté à la peau ouverte

remonter le temps voguer flâner entre terre et ciel

juste un peu là entre

comme la voix, entre

une mémoire bercée ou le voyage

d'un corps limpide entre ciel et terre

tout entier dans ses mains ?


*********



les îles ont levé l'ancre

la poésie ne fait plus son office

on a beau inventer que les morts

sont vivants, aucun signe aucun fanal

n'éclaire la mer