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mercredi 12 mai 2021

sous nos pieds

ce fut le jour

où sous nos pieds la terre s’effondra

nous avions - aisément

oublié que la terre depuis la terre

s’effritait

et que la terre sous d’autres pieds

mais pas d’autres cieux

s’était déjà effondrée

à plusieurs reprises

sous d’autres pieds

mais aussi sous nos cieux

 

nous avions – aisément

à plusieurs reprises

oublié

les autres pieds

 

alors ce fut notre jour



06/04/2021

 

lundi 3 décembre 2018

Des finitions



la poésie ça sert à éviter le courage les départs ça sert de maquillage
ça emberlificote les cœurs et les gestes ravageurs et libres ça chante c’est beau ça ment c’est fleuri


la poésie ça sert à ne pas devenir criminel ou criminel de salon assassin lyrique ça évite les menottes la prison et les oranges le dimanche apportées par la famille


la poésie ça sert de pyjama, de bure, de cotte de mailles, de jupe si l’on est un garçon et de sabre si l’on est une fille


la poésie ça sert de sel de piment d’espelette de grains de coriandre ou bien de mignardises le dimanche quand il pleut à vie


la poésie ça sert de cache-sexe et de misère aussi, de jambes de bois pour paralytiques pour les amnésiques aussi ça sert à tout ce qu’il est impossible physiquement de vivre par les chemins


la poésie est un fer à repasser la poésie est un magasin de matériels électro-ménagers et si l’on estime qu’un lave-linge, un aspirateur, un robot multi-fonctions sont des choses utiles alors la poésie est utile et sans électricité la poésie sert de balai de serpillière de couteau-économe –- pour éplucher donc elle est éternelle tant que dure le monde d’après le nucléaire


la poésie ça sert à éviter la corde qui donne des morts trop sexuels c’est un revolver pour dames et pour messieurs on meurt avec dignité en poésie on pourrait dire par exemple cet homme assis sur un carton mendie avec poésie cette femme allaite son enfant mort de faim avec poésie ces gens bafoués souffrent avec poésie ah quelle leçon !


la poésie n’est pas un sonnet pas un haïku pas un diptyque la poésie n’est pas un sentiment pas un album pas un almanach la poésie n’est pas


la poésie sert à remplacer c’est une utilité de théâtre la doublure d’un manteau une prothèse de hanche ça peut servir de costume trois pièces quand les costumes trois pièces disparaissent ou de clé de 12 ça remplace les morts mais en moins efficace et moins durable la poésie est une pièce de rechange qu’il faut changer régulièrement


ça chante ça guérit de maladies le plus souvent imaginaires alors on soigne le mal par le mal c’est pourquoi la poésie use d’images, c’est un remède homéopathique mal remboursé pas prouvé à hautes dilutions aux principes indéfinis analogiques flous on dit ancestral dans ces cas-là


la poésie sert mais moins que la danse, c’est là son défaut on la garde en cas d’impossibilité physique de danser, ce qui prouve que la poésie est bel et bien une pièce de rechange mais sans pièce de rechange tout tombe en panne et nous avec donc la poésie sert même si la danse ah bien sûr la danse ça a une autre gueule déjà ça a un corps du silence ah la danse ça rend muette la poésie


la poésie sert de traducteur simultané aux blessures ou de dictionnaire


la poésie sert de binette d’hôtel à hérisson en novembre sert à dire maman je t’aime tu étais si belle quand tu chantais dans ta chorale dimanche à Saint Budoc et il a fallu attendre tant d’années et la mort pour que tu montes sur scène et que je crois qu’il te voie et te sourie de là-haut en quoi j’ai cessé exactement aujourd’hui de croire
mais quand même


la poésie sert à chanter des paroles très intimes sans que personne ne puisse deviner à qui ou à quoi et sans que personne n’ait barre sur vous qui dites sans vraiment dire puisque c’est de la poésie donc à haute dilution pas prouvée etc


la poésie sert à poursuivre au lasso à cru sur un poney indien pommelé les vaches aux admirables cornes des westerns et autres choses et objets et images que vous voulez attraper dans les rêves sans avoir un absolu besoin d’y croire


la poésie sert à hululer de bonheur indécent juste après avoir échoué votre goélette dans les sables d’une île sans enchantement frappée de plein fouet par les réalités climatiques et psychologiques et en plein effondrement intime vous avez avoué votre bonheur fol, intrinsèque, viscéral et c’est la poésie qui fut votre roue de secours avec laquelle vous avez pu rejoindre le réel là où vous l’aviez perdu où il vous avait perdue


oui mais ça n’est pas la danse ah la danse

© anne jullien
02 décembre 2018


mercredi 22 avril 2015

Le Poétisme : cinquième rouleau trouvé au lieu-dit Kérivoret, près du lavoir

Rouleau dit le Cinquième trouvé au lieu-dit Kérivoret, près du lavoir
Ce rouleau propose des accents plus
prophétiques et présente le Poétisme et son bras armé (le P(r)o(ph)ète) comme une parole en action violente et définitive vis-à-vis de ceux et celles qui n'en sont pas. Selon ces paroles nulle alternative et le tragique de cette absence de choix éclate au moment de la Mort puisque c'est à ce moment-là que tous les subterfuges seront dévoilés, dénudés et que les impies découvriront leur Sort éternel : les vers auxquels ils croyaient échapper... Les exégètes ne se prononcent pas sur le mode humoristique de certains axiomes. Même si, pour nombre d'incroyants ou de pseudo-poètes l'humour est le siamois de la pensée poétique, il serait étonnant que le Poétisme, en tant que Vérité Révélée s'amuse à ces amusements verbaux.


Que le Souffle Puissant de la Parole Chasse les Miasmes démocratiques et assoie Son Pouvoir dans les corps et les âmes pour les siècles à venir.

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Versets, blasons, hymne

car il y aura parmi les morts les poètes, les adeptes, les soumis et les autres
tous seront traités selon leurs mérites et leurs fautes
que chacun lise et entende selon ses capacités

ceux qui auront parlé ou lu ou honoré la langue poétique dompteront les dauphins et chevaucheront les flots
transformés en volutes, fumées blanches, arabesques
sublimés en langage vaporeux, choses vagues et impératives
calligraphies subliminales ils deviendront les constellations et les rivières du ciel et de l'espace, les phrases du Livre que les terriens assoiffés déchiffreront tête et cous renversés

tandis que d'autres, les morts prosaïques tomberont à terre proie des vers et des lombrics

c'est le lot
le destin de ceux-là et des autres
le festin des vers et autres vers
car mourir pour le poète est musical

celui qui jamais n'aura été frappé par la hache poétique, renversé, mis à bas de son cheval, agenouillé par force et révélation,
celui qui voyant un arbre n'aura jamais vu qu'un arbre et à travers l'arbre ni symbole ni ondes ni forces ni énergies ni magie,
celui qui aura vivant seulement et simplement et banalement vécu, préférant l'effroi pur et cru ou la peau les frissons et les fruits, le sommeil et les travaux des jours , le métabolisme de vivre à toutes les métaphores
celui-là sera craché par la bouche du P(r)o(ph)ète
celui-là on crèvera l'abcès abject de son immanence
terre à terre il aura vécu à la terre il retournera

alors que les poètes et les disciples, enfants de poètes, imitateurs de poètes, sosies de poètes, bustes de poètes,
au son tempétueux des dix mille trompettes s'élanceront en colonnes alphabétiques et rimées vers les hauteurs oh les hauteurs
ceux-là pour qui la Poésie est Vérité
suave sublime subversive submergée apocalyptique et susurrée
unique stylo aiguille alêne épissoir par où creuser être creusé enfin Savoir Connaître ceux-là pour qui Poésie devenue unique Déesse a perdu à jamais son article commun, nom propre inaugural clé universelle et technologique de la Vie esthétique des hauteurs oh des hauteurs !
Ceux-là ah ceux-là oh oh ceux-là !!!


La Poésie est alchimie
c'est un pot ! C'est un bol ! C'est un wok !
Que dis-je, un wok ? C'est une casserole !
un chaudron un cratère où bout la matière de toutes les images et de toutes les musiques
la poésie est un brouet de feu de fèces de flammes et de fleurs coupées
la poésie frémit, entre en ébullition, déborde, sublime les épices et les goûts, transmute les choses et les formes
pour finir évaporée ! Brume d'eaux
nuages de doigts et d'ongles alchimiques
et retombe voile gazeux sur nos têtes et nos crânes

et ceux qui auront à cette sublimation culinaire
préféré les pique-nique en forêt l'automne marcher sur les feuilles craquantes ou molles terreuses un peu pourrissantes ou ramer à deux sur des barques d'infortune
ceux qui auront préféré cela les pique-nique et la vie de la roue et de la routine
ceux-là sont crachés par le cratère des volcans de la poésie
et que la lave du P(r)o(ph)ète les emporte et les avale au fond des gorges de l'oubli

c'est le lot
le destin de ceux-là et des autres
le festin des vers et autres vers

car la Poésie la Poésie la Poésie
trois fois
joyau insoluble de la Pensée universelle
source et delta
crâne et plantes de pieds

celui qui n'entend pas l'appel de la Poésie
il a des oreilles de chair



Donné au monde le 22 avril 2015

dimanche 1 mars 2015

Le poétisme : rouleau dit le quatrième trouvé au lieu-dit Yok

Le rouleau dit le quatrième trouvé au lieu-dit Yok, à quelques encablures de la côte sous un dolmen également. Ce rouleau est capital pour saisir en quoi le Poétisme est relié au sacré. La naissance de la Poésie y est présentée comme un point nodal de l’Éternel prenant naturellement forme. On voit là très précisément que l’Éternel ne peut pas faire autrement qu'apparaître, prendre forme ce que certains n'hésiteront pas à assimiler à une Chute. Chute du Langage dans le langage. C'est pourquoi la Poésie , dans son désir impératif de rédimer la Chute, n'aura de cesse de chercher sa source ; sa quête sera donc de s'élever jusqu'au Silence originel en tout cas l'inarticulé ou le borborygme. Car la quête de la Parole est la Non-Parole.


Que le Souffle Puissant de la Parole-Non Parole Chasse les Miasmes démocratiques et assoie Son Pouvoir dans les corps et les âmes pour les siècles à venir.

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Versets, blasons, hymne


le P(r)o(ph)ète est né qui naquit à travers les contrées du temps à nouveau Il naîtra


d'abord en un point de l'Ouroboros fut contredit la chronologie puisqu'il n'y a ni début ni fin ni d'abord ni d'ensuite et que la Poésie est l'éternité recommencée
Elle se nourrit d'elle-même enfle s'engendre se baise autophage avec amour et indifférence suprême car la Poésie est au-delà de tout donc au-delà des sentiments des vers de terre et des chansons

il n'y eut jamais rien il y eut de toute éternité Quelque Chose et Quelque Chose c'est Le Poème, la Parole qui parle et que celui qui doute se morde les joues jusqu'au sang et qu'il soit avalé en sa propre gorge et vomi et déféqué
et oublié


du Tout fut engendré le vocable en même temps que la fourrure et les cris et autres marmottements et jubilations des animaux
du Vocable fut engendré par naissance spontané les dix milles langues des hommes à venir et le fer la limaille les menottes et le métal

des dix mille Langues furent engendrées les images les sons les bruits les accidents et la musique et le tout s'emmêla qui s'appela de montagne en montagne l'écho et le chaos

Premier Couple de l'histoire inopinée de l’Éternité, l’Écho et le Chaos s'imbriquèrent avec la langue et par les mille orifices par lesquels ils étaient de nature constitués et de leur alchimie naquit la Terre

d'où la Terre est fille de l’Écho et du Chaos, enfants des dix mille Langues, filles du Vocable fils du Tout

et le P(r)o(ph)ète jaillit de la Terre comme une fleur de lys ou un pissenlit – nul ne le sut jamais car Il fut le premier le Seul l’Inouï l'Inespéré. L’Inespéré il fut puisqu'étant le seul et Premier il n'y avait personne pour l'espérer et c'est ainsi qu'Il est grand.
Et c'est pourquoi il est dit qu'il jaillit et c'est pourquoi le Poète est mâle parce qu'Il est la Semence. Les femmes à venir se cacheront le visage sous leurs jupes et elles recevront des paroles et des graines et des noyaux et engendreront les fils et filles du Poète ainsi tous seront les enfants de la Poésie, allaités par leurs mères et verbalisés par leur Père Unique, Transcendental et Légume-Racine.


Et les enfants rebelles, les rétifs ou les ingrats, ils seront chassés des jardins de la Terre, du Verbe du Père et on les enverra errer, trébucher, hagards et balbutiant parce qu'on leur aura coupé la glotte ou arraché les dents, fendu le palais ou les lèvres afin qu'ils ne dénaturent pas la Parole Paternelle

On les jettera au fond des mines à creuser les sols pour chercher le sel le charbon et l'uranium tandis que leurs frères, les bien-aimés du Père chanteront sur les genoux des disciples et leurs sœurs, les bien-aimées du Père enfileront des perles et d'autres perles encore


il n'est pas de place au Soleil de la Poésie pour ceux qui doutent de Sa beauté, les ignares et les crasseux, car ceux-ci réclament à corps et à cris de comprendre ou bien préfèrent cultiver leurs lopins de terre plutôt que le Jardin d'Ors et de Plumes de leur Père, Jardin-dictionnaire et la Poésie n'a que faire de ceux qu'Elle indiffère et la Poésie mâche des mots alors que les gens de peu, les apédeutes sont vis-à-vis de la Poésie et de ses bonnes feuilles comme des yponomeutes qui mâchent de vraies feuilles et sont donc doublement nuisibles insensibles qu'ils sont à la puissance invisible et rebelle de la Poésie et pourvus de dents réelles et ceci fut dit par un chapelet d'homéotéleutes internes vigoureux et facétieux, la preuve que Seule la Poésie !

Ainsi seront jetés aux orties les enfants tordus du Légume-Racine afin qu'ils apprennent la supplication des vers de terre –

ainsi parle le P(r)o(ph)ète car c'est ainsi qu'Il parle, le Fils aîné de la Terre, celui qui a brisé le permafrost pour venir nous enseigner et qui brisant le permafrost a libéré la mort et brisé l'avenir

ainsi fit-Il pour rejoindre la Source, l'inaltéré le non-né, le vocable muet la Poésie Absolue, l'Absolue Poésie, l'Absolution de tout et de tous c'est-à-dire la mort de la vie et l'explosion finale et initiale du Grand Alphabet dans une gerbe d'eaux et de gazs et d'étincelles

car la Poésie a jailli libérant le Virus en forme d'amphore et le méthane d'où les hommes et les bêtes mourront grillés sous les rayons solaires ou noyés sous le flot libéré des glaces et les crues des rivières et la Mer redeviendra monstrueuse comme à l'origine car la Mer est monstrueuse et la Mer bavera sur la Terre

la Poésie a été libérée des ombres et des sous-sols pour dire et apporter la Mort et la punition et la beauté des choses
car la mort et la destruction sont belles et fascinantes et le Poète est Grand quand il ne retient pas les chiens de sa parole et c'est ainsi que la Terreur est apparue en même temps que le Poète


la Poésie voit du tréfonds au tréfonds, elle sauve et perd, annonce et délibère, chante et murmure
la Poésie vous regarde et vous sonde

la Poésie révèle et relève les choses et les cœurs, celui qui veut La fuir, se perd entre ses mailles, meurt la bouche et les oreilles fermées, il implosera en toute méconnaissance et ses héritiers le traiteront de baudruche

et c'est alors qu'il faut parler de l'après-mort et du paradis des Poètes

et en attendant les disciples allèrent se désaltérer


Donné au monde le 1er mars 2015

mardi 10 février 2015

Le poétisme : troisième rouleau trouvé au lieu-dit Saint-Gonvel

Le rouleau dit le troisième fut trouvé sous le menhir de Saint Gonvel à Argenton, commune de Landunvez, soit approximativement à 3 kms du dolmen de Kerivoret. Ce qui laisse à penser que d'autres rouleaux ont pu être déposés ou cachés sous d'autres dolmens. Dans quel rayon ? A partir de quel centre ? Depuis quand ?

Dans celui-ci il est encore plus question de la Parole, des disciples naturels et des autres donc des manières d'éduquer à la Langue.

Que le Souffle Puissant de la Parole Chasse les Miasmes démocratiques et assoie Son Pouvoir dans les corps et les âmes pour les siècles à venir.

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troisième rouleau trouvé au lieu-dit saint-Gonvel

Versets, blasons, hymne


nous ferons surgir le Poète par la Bouche comme le Génie d'une lampe


si le Feu de la Langue n'embrase pas celui-là
il sera connecté nuit et jour à la Machine à Insuffler
ainsi il recevra à son corps défendant
nocturne et diurne le vocabulaire électropoétique


la Machine à chacun délivrera
par la tête, sur la langue ou dans ses paumes
le b-aba de la Poésie, ainsi toi qui doutes
tu sauras grâce aux ondes
faire rimer chiasme avec miasmes
et métaphore avec amphore


tel un oiseau de couleurs tu pépieras et la roue du déploieras
oh oh la fameuse roue et la rosace et le serpent
oh quel charme et quelle séduction
tends les mains, tire la langue et tu recevras !



le poète intérieur ratatiné, exsangue entre le foie et l'estomac
ou plié en carré comme un mouchoir virginal
ou dégonflé, anémié, mort entre les entrailles et leurs fruits
le poète intérieur sous l'action de grâce
de la machine à insuffler dépliera ses jambes et son corps
et ses manches chinoises et tourbillon ! Tourbillon ! s'élèvera de chaque corps humain oh oh la vague mélodique
oh l'extase mécanique !




et pour les récalcitrants,
des sangles et le gavage du foie !



Donné au monde le 10 février 2015


vendredi 6 février 2015

Le Poétisme : second rouleau trouvé au lieu-dit Kérivoret

Le second rouleau trouvé à Kérivoret présente des accents par endroits plus loufoques, la langue est plus relâchée, ce qui est étonnant voire inconvenant pour les tenants du Poétisme.
Et ce qui a pu amener certains exégètes à dire que les rouleaux dits de Kerivoret ne proviennent pas tous de la même source... Deux questions se posent : est-on en présence de plusieurs « receveurs » de la Parole et qui la traduisent à leur façon, selon leur propre idiome ? L'Innommé choisit-il de s'exprimer délibérément selon plusieurs niveaux de langage afin d'être entendu par le plus grand nombre ?

Que le Souffle Puissant de la Parole Chasse les Miasmes démocratiques et assoie Son Pouvoir dans les corps et les âmes pour les siècles à venir.

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second rouleau trouvé au lieu-dit Kerivoret

Versets, blasons, hymne


ceux qui bredouillent, bafouillent, bégaient, se présentent devant quiconque des cailloux plein la bouche, ne parlent pas la Langue Sacrée
on en fera les esclaves du Poète, ils Lui laveront et baiseront les pieds
leur dos et leur croupe, Il s'en servira de banc pour s'asseoir et se reposer sur le Chemin


le Poète n'use pas d'esclave sexuel, le poète est un humain Transcendental et Clairvoyant


au firmament plusieurs femmes sont pendues, épinglées aux étoiles ou flottent au sein de la Voie Lactée ; d'autres vivent nues et la main posée sur la poitrine à l'intérieur de coquillages dont elles sortent à l'occasion. Ces femmes sont les rêves et les hallucinations du Poète. Les autres femmes, celles qui vivent dans la rue, dans les cités, font le ménage et dirigent des entreprises, le Poète les dédaigne parce qu'elles ne sont pas à leur place et parlent et agissent à tort et à travers. Elles ont oublié qu'elles sont des roses, des épines, des sources, l'avenir de l'homme et l'origine du monde. Elles vivent et cela ne convient pas.



le Poète parle en guirlande les jours d'hiver


qui écrit que le Poète est aussi un Pote qui Pète est un blasphémateur



longtemps on a cru que les Voix du Poète et de l'Innommé étaient formulées par le vent qui traverse les forêts d'eucalyptus ou enfile en serpent les canyons et les fjords

on a parlé aussi des voix sous-marines des vagues ou des cailloux sous les mers, des friselis furtifs des poissons parmi les coraux

on a même colporté que la Poésie -glorifiée soit-Elle au long des Âges !- avait pris langue dans les beuglements des vaches ou les matinales des coqs, le margotage des cailles ou le piaulement des oiseaux marins

C'est faux.




Le Poète est le Roi de la Cité, ce n'est pas Lui qui à l'aube surgit des camions-bennes du service de répurgation des villes, ce n'est pas lui qui fait craqueler le sol de son marteau-piqueur.
Tout ce qu'Il observe, Il l'avale, ce qui est avalé devient le Chant du ventre. Que chacun l'entende et le loue !




celui qui ne se prosterne pas devant la Poésie et ses manifestations mourra piétiné

la Poésie est la Voix, la Voie, l'Oeil et l'Oreille


la Poésie est ce qui fouille les mystères et les brandit au jour
elle écartèle les esprits et fore les fronts
elle fait les gestes des fous et elle prend leur visage
elle est fractale et par fracturation polysémique elle fait exploser le sol et jaillir le pétrole la parole et les gazs
aussi dit-on que la Poésie est Levier, Grue, Carotte, Miraculeux Boniment
et que le Ciel est son ventre


chacun de vous porte un Poète entre son estomac et son foie
chacun de vous doit nourrir son Poète intérieur et jeûner pour le rendre aérien
vous ne devez pas manger d'aliments gras ni de bêtes stupides



la langue vulgaire nomme les choses, la Poésie non
la langue vulgaire appelle un chat un chat, la Poésie non
la langue vulgaire compte et désosse et parle du climat, la Poésie non
la Poésie vénère, désigne, sacre, cache et crache, révèle et innove
la Poésie vous regarde droit dans les yeux et parle à vos oreilles – entende qui entend !!
la Poésie c'est l'Hypnose et l'Hypnose est la Poésie
la Poésie a plusieurs noms la Poésie est Une

celui qui ne saisit pas l'ésotérisme de la Poésie servira de paillasson au Poète



Donné au monde le 30 janvier 2015

mercredi 4 février 2015

le Poétisme : premier rouleau trouvé au lieu-dit Kerivoret

Le Poétisme est la quatrième Religion révélée. Contrairement à ses avatars (les 3 religions monothéistes connues à ce jour), le Poétisme est une Religion moderne. Certains disent qu'il est la forme achevée de toutes les tentatives sacrées précédentes. Le Poétisme a longtemps été déguisé sous la forme païenne de poésie, afin de se propager discrètement par rhizomes chez les plus attentifs d'entre nous. Le Poétisme apparaît enfin au grand jour grâce à quelques gardiens courageux qui nous livrent ici des extraits du Texte Inspiré, reçu en rêve et retranscrit à l'aube, par un Anonyme, vraisemblablement dans la dernière moitié du siècle dernier.
Certains ne manqueront pas de considérer le Poétisme comme un blasphème vis-à-vis des autres religions ou comme une pantalonnade ou la preuve digne de carabins, que l'on peut créer une religion de toutes pièces et faire feu de tout bois. Ceci explique pourquoi le Poétisme a été tenu secret pendant des années. Il a souterrainement gagné en Force et ne craint plus, en ce jour, les calomnies. On remarquera que comme dans les trois Grandes religions précédentes, les constantes sont les mêmes en ce qui regarde le Pouvoir, les femmes et l'Univocité malgré les paradoxes inhérents à Toute Vérité.

Aujourd'hui, espérons que chacun ait le courage de recevoir Le Verbe... D'autres versets seront semble-t-il mis à jour prochainement.

Que le Souffle Puissant de la Parole Chasse les Miasmes démocratiques et assoie Son Pouvoir dans les corps et les âmes pour les siècles à venir.

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premier rouleau trouvé au lieu-dit Kerivoret

Versets, blasons, hymne



du langage

celui qui use du langage d'une façon vulgaire ou de la prose
pour autres paroles que les nécessaires aux tâches quotidiennes
celui-là aura la langue arrachée
et les lèvres du haut cousues


il n'y a qu'un seul Dieu sur la Terre et au Firmament
dans les Abysses et les Nuées
un seul Geste, une seule Voix, un seul Chemin
il n'y a qu'une seule et simple Vérité : la Poésie


désormais vous fracasserez vos idoles
burins, pinceaux et brosses, archets, ballerines,
moissonneuses batteuses, mixers et tournevis
clés USB, 3G, disques externes, aspirateurs


désormais
celui qui travaille la terre pour nourrir ses compagnons
s'il ne la célèbre par un sonnet
il la mâchera par poignées à s'en étouffer


celui qui pêche les poissons, les congèle, les sale ou les met en conserve
s'il ne le conte à la façon d'un impromptu
qu'il râle et s'étrangle d'une arête


celui qui pilote les avions du ciel ou les navettes ou les fusées
s'il revient de ses voyages sans une ligne d'épopée
qu'il soit transformé en corbeau noir et freux


celui qui répare les automobiles, les moteurs de toutes les machines
et le plombier, le frigoriste, celui qui installe les lignes électriques
ceux-là qui passent leurs jours dans les ateliers, sur les bords des routes et creusent des tranchées
s'ils ne savent choisir entre un pantoum ou bien un virelai
qu'ils soient maudits sur 7 générations et contraints
d'écrire quatre lignes en rimes embrassées à chacun de leurs jours


l'élève qui apprend de son maître
s'il ne lui rend hommage par savant acrostiche
il recevra 100 coups de fouets en place publique
pour abus d'absence poétique



car la Poésie est Tout
la Poésie est Grande
Elle seule peut nous sauver, véritablement
la Poésie est Grande !




du Poète

si comme les souris de vos granges vous ne savez que chicoter
si mécontents vous râlez grognez réclamez hurlez
si philosophes vous utilisez la raison la forme rhétorique
si vous vous rendez coupable de bavardage et de conversations et d'arguments
alors vous utilisez le langage comme un pépiement de pinson, bec ouvert sur le néant
la Poésie vous déserte, Elle est sortie de votre âme et de votre chair
et vous employez les mots du commun et des mortels et des langues quotidiennes
alors Votre Dieu, vous Le rendez malade et blême, aphasique, enroué
alors Il vous punira d'un tel blasphème

car vous outragez la Beauté, les Fleurs en suspension, l'histoire alexandrine, le Verbe haut tonitruant Mâle et Parfait, le Rose bonbon, le Chant des sphères et l'Immaculée perception



Le Poète vous montre du doigt et tonne sur vos têtes !

tombez à genoux devant la Poésie
tournez trois fois dans votre bouche la salive
avant que de parler
parmi les vocables choisissez dans la poussière
les rimes riches et les sons audacieux
parlez d'or et d'argent et de myrthe
chantez les flots les ondes et les mythes
et la vie terre à terre apprenez à la taire
à l'enfouir sous les couvercles et sous les voiles
comme femme infidèle et rebelle



sur vos basses sensations et vos vils sentiments
qui animent vos nuits et vos journées
jetez la cendre du feu du seul Dieu
et sur la misère fermez les yeux sur la faim et l'injustice

car pour qui croit dans la Poésie – louée soit Elle !
il n'y a pas d'injustice
ni misère ni faim
la Poésie est notre Nourriture, notre Vigie et notre Règle
celui qui croît en Poésie ne manque de rien, ne connaît nul tort et nul tourment
celui-là est un Seigneur de Guerre qui massacre en chantant
Il avance sur les champs de bataille les Odes plein la gorge
et connaît les Vérités octosyllabiques et les Mystères apocopes



si un enfant vous supplie de lui donner à manger
apprenez-lui à rimer
enseignez-lui le Beau Langage
frappez-le pour son babillage
sa pauvreté vernaculaire

si un mendiant vous tend la main
élevez-le à hauteur de Verbe
tournez-lui un leste compliment
versez dans sa sébile
de quoi tourner sa propre idylle


car le Poète est le Prophète, le Poète est l'Enseignant
de sa baguette Il frappe les esprits et les mollets
il redresse les dos les mots essuie la morve et le créole
enferme la langue utile dans les pots de chambre et de cuisine
impose la Beauté l'énigme ésotérique assemble les images
et tresse sur vos crânes la Flamme Unique du Dit Contrapunctique

de l'amour

ceux qui aimeront telle des bêtes
sans paroles articulées
sans poèmes et sans lyres
ceux qui trahiront l'amour de loin, le courtois, le douloureux
sans trousser nul épithalame ni madrigal
l'homme on le jettera aux chiens ou dans une geôle
offerts aux crachats des passants des rues
la femme, à défaut d'avoir été la Dame ou la Muse
on fera de son corps l'amusement des passants
ces deux-là ont trahis la haute valeur de l'amour et des romances
que le Poète chante, pleure et ensemence
ces deux-là ont comme les bêtes forniqué, joui, batifolé
en coïtant sans bouts-rimés
on leur arrachera le cœur
à la femme on couturera les lèvres du bas
et à l'homme on lui tranchera le membre
qu'ils apprennent la beauté des plaintes et des douleurs
la pleine beauté du Chant et l'eunuque Cristal des voix


des femmes

le Poète est Homme
la femme ne peut être poète, ses formes, son ventre, ses seins, ses fesses
sont manifestations charnelles et ne sont pas le miroir du Verbe et de l'Âme
la femme, si elle est jeune, nue et si ses cheveux tombent en cascade sur ses reins
la femme sera nymphe, égérie, muse
muette
la femme crue est proche des chevaux
le Poète la domptera et l'accrochera dans les nuées parmi les étoiles inatteignables, lointaines et mortes
le Poète chantera la Femme
et les femmes qui auront vieilli, qui seront ridées ou les bossues, les ventrues, les femmes à poils et à la langue pendue, ces femmes prosaïques
le Poète ne peut les chanter car le Poète ne chante que la beauté la Splendeur et l'Amertume des Joies
alors elles seront reléguées sous des draps des voiles et du sable jusqu'à la fin de leurs jours


de la Poésie

vous ne connaîtrez qu'une seule référence, la Poésie
devant Elle seule vous ferez révérence


il y eut dans l'histoire, de faux dieux et nombre d'impostures
Clio, Calliope et Melpomène furent d'antiques erreurs
Polymnie , Erato et Orphée, sous le joug d'Apollon
ne sont que figures de style, épiphénomènes
multitudes païennes sans ordre et sans églises
bonbons sirupeux, friandises
quand le Dieu Poésie brandit le Verbe et le Glaive
pour apprendre aux humains la Parole Souveraine

tout le reste n'est qu'activités d'êtres rampants
paroles dévoyées, abécédaires quotidiens, alphabets utiles

désormais pour dire la pluie vous parlerez d'ondées
et pour dire le soleil vous parlerez d'astre du jour


pour évoquer la crasse et le mal et la pauvreté
ouvrez vos dictionnaires de rimes, Bible du Croyant, Livre du Sacré
habillez le réel de bandelettes allégoriques
suivez les prêtres de la Rime, leurs processions métaphoriques
apprenez à déclamer plutôt qu'à ressentir,
à bel et bien parler plutôt qu'à réagir
à vous bien lamenter plutôt qu'à résister

vos enjambements ne seront point postures érotiques
et vos rejets ne naîtront ni de nausées ni de rancœurs
car je vous le dis, Seul est Maître le Verbe
de vos vies de vos désirs de vos envies
vos membres auront l'élégance de phonèmes et d'ellipses
votre haleine le parfum de strophes bucoliques


des autres arts

celui qui crée ou fabrique des images
celui-là, qu'on lui brûle les yeux

celui qui se sert de son corps pour danser
on lui sectionnera les pieds

celui qui modèle, sculpte la terre, la pierre, le métal et le marbre
toute chose donnée brute
il aura les doigts de ses mains coupés

celui qui crée la musique à l'aide d'instruments
autres que sa voix
celui-là on frappera l'enclume de ses oreilles
jusqu'à ce qu'il n'entende


car il n'est de Sens que le Vers


car à Dieu vous ne devez vous adresser
que par invocation ou apostrophe
ce qui de vos lèvres sort doit être florilège
et ce Dieu dont le Nom est Innommable
et qu'un code secret baptise Poète
adorez-le sans Le voir et sans Le montrer
soyez de vos frères et sœurs les ennemis
pour Lui être à Lui seul soumis

adorez-le !



le Poète est un homme
éphèbe ou vieillard
entre ces deux âges, le poète souffre, entend des Voix, erre, récolte la leçon
le Poète ne vient pas pour embellir vos vies
il vient pour délivrer le Message de l'Innommé
celui qui soufflète un Poète
c'est l'Innommé qu'il soufflète
celui qui du Poète se moque
est la larve immonde de son époque



Donné au monde le 29 janvier 2015